Conférence: Ceci n’est pas un dauphin

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Le Centre Culturel d’Uccle organise chaque mois l’évènement « Enlivrons-nous ». Il s’agit de conférence à propos d’un livre paru récemment. Ce 5 février dernier, c’est le livre « Ceci n’est pas un dauphin » de Yvan Beck qui était mis à l’honneur.

Les conférenciers :

  • Yvan Beck
  • Gauthier Chappelle
  • José Javier Paniagua
  • Yvon Godefroid (absent pour cause de maladie)

Il s’agissait de ma première conférence en rapport avec la cause animale et j’en ai été très satisfaite. La salle était presque comble.

Voici ce que j’en ai retenu des propos des conférenciers :

  • Aujourd’hui, on commence à parler de bonheur animal et non plus de bien-être animal.
  • On pourrait dire qu’il y a deux visions du monde : une mécaniste (pensée occidentale) et une holistique (pensée orientale).
  • Il y a trois périodes dans la vie humaine sur Terre : une période de dépendance, une période d’indépendance, une période d’interdépendance. Aujourd’hui, nous sommes dans cette dernière période. Nous réalisons que l’univers et toute chose vivante sont interdépendantes, de leur milieu par exemple. On parle de réseau d’interdépendance du vivant, d’une reconnexion celui-ci.
  • Dans le bouddhisme, comme l’a expliqué Matthieu Ricard (auteur de Plaidoyer pour les animaux), il n’y a pas de différence de fond, juste une différence de forme (Matthieu Ricard)

Dauphins ambassadeurs

Un des exemples éloquents qui a été utilisé pour illustrer à quel point nous devons revoir notre manière de considérer les capacités animales a été donné par Gauthier Chappelle. Il a expliqué ce que sont les dauphins ambassadeurs. Il s’agit de dauphins qui indépendants d’un groupe de dauphin (pod) qui recherchent la présence de l’homme. 150 cas ont été enregistré depuis que l’on a commencé à les répertorier. Il a lui-même rencontré le dauphin appelé Donny, à Boulogne-sur-mer. Donny a entre-autre parcouru 7000 km entre 2001 et 2008 et même 600 km en deux jours, du Nord au Sud de la France, pour rejoindre une compétition de sport nautique.

Delphinariums

  • Il existe une Commission Parlementaire pour les delphinariums : il y a eu deux tentatives d’en créer une pour le Boudewijn Sea Park. La première a échoué et la seconde, la création a eu lieu mais les représentants du Boudewijn Sea Park étaient majoritaires. Ces procès ont duré 2 ans. Il semble que ce soit la machine économique qui a gagné et nous fait nous demander où est le bon sens par rapport aux arguments scientifiques ? (Est-ce une victoire pour le delphinarium due au profit monétaire qu’il engendre ou parce que ses représentants pensent vraiment avoir raison ?)
  • Le delphinarium du zoo d’Anvers a fermé en 1998, aucune restauration du bassin n’a été acceptée. Cependant, il a été accepté que le Boudewijn Sea Park restaure son bassin au lieu de fermer et de libérer ses dauphins. On peut dès lors se demander quelle en est la raison.
  • Les dauphins, comme tous les animaux, et même les humains, ont des besoins physiologiques et éthologiques qui doivent être respecter.
  • Les proportions des bassins de dauphins en delphinarium et celles de l’environnement utilisé par les dauphins libres sont comparables à celles des cages des poules de batteries par rapport au milieu des poules sauvages (dans les forêts d’Inde).
  • Les delphinariums sont considérés comme un spectacle de cirque (ils sont classés dans le pôle récréatif et non dans le pôle naturel par les organismes de tourisme), or, la Belgique a interdit l’utilisation d’animaux sauvages dans les cirques en 2013. Pourquoi ne pas l’avoir étendue aux delphinariums ? Cela voudrait dire que le dauphin est considéré comme une espèce domestique ! Cependant, il n’y a pas deux générations de dauphins dans les delphinariums car la reproduction ne fonctionne pas en captivité, la plupart des jeunes décèdent.
  • Les dauphins en captivité rencontrent le même type de problèmes que l’on retrouve dans les élevages intensifs (comme des infections).

Les évolutions

En Belgique, la politique est plutôt compliquée (voir cet article https://animauxettourisme.blog/2018/01/09/situation-politique-en-belgique/).

Et une participante a demandé si les changements n’étaient pas plus lents depuis la régionalisation des compétences. Selon l’animatrice d’Enlivrons-nous, ce n’est pas le cas ; ça ne va pas spécialement plus vite en régional qu’au niveau Européen.

*****

Dans un grand mouvement, il y a trois phases : la première est celle du ridicule, la deuxième est la discussion et la troisième, l’adoption. Pour la cause animale, nous sommes en phase trois.

La prise de conscience de la société fait évoluer la jurisprudence, les mentalités s’imprègnent petit à petit. Par exemple, la défense des animaux ne fait plus partie du code de la pêche mais du Code Civil.

Cependant, en France par exemple, l’animal fait toujours partie des « biens meublés » dans le Code Civil. On peut alors supposer que dans la conscience collective, on peut se servir des animaux comme d’un objet. Modifier son statut et développer un droit de l’animal permettrait de changer cette conscience collective, car introduire des modifications a des conséquences sur le plan psychologique. Dans les fait, cela ne change rien pour le moment. Il y a eu des législations bénéfiques mais nous sommes encore dans une vision utilitariste : on les utilise dans les champs, ils servent à nous amuser, …

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Le droit subjectif de l’animal est de vivre en liberté, en bonne santé, de conserver son intégrité physique, que sa façon de vivre soit conforme à son espèce. Aujourd’hui, la défense des animaux est surtout orientée vers ceux qui sont proches de l’homme.

En Inde, la dignité de l’animal est reconnue dans la Constitution. En Suisse, le pays respecte l’animal, il est alors facile de dégager un droit subjectif.

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L’article 13 du Traité de Lisbonne qui concerne les animaux est théoriquement d’application directe, mais il n’y a aucune obligation car il est trop vague. De plus, il y a trop d’exceptions, son utilité est donc contestable… Heureusement, les pays commencent à transposer ses principes.

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Des lois existent mais tant d’exceptions y sont insérées que les avancées sont réduites à néant (comme en Espagne ou en Belgique).

En Belgique, proposer une catégorie spécifique pour les animaux, avec régime juridique spécifique, permettrait de changer les choses. Si une telle mesure est adoptée, la Belgique passerait en tête des pays européens en termes de reconnaissance du bien-être animal. On peut croire que la force de persuasion de l’opinion publique permettrait cette adoption. Le ministère belge de la justice est à priori ouvert à cette troisième catégorie spécifique.

En effet, le moment est venu d’aller plus vite et d’être de plein pied dans la phase d’adoption. Il s’agit aujourd’hui de reconnaitre des droits à l’animal et non plus d’uniquement éviter sa souffrance.

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Une participante a émis une idée qui m’a parlée : l’idée que ces changements tiennent d’avantage d’une remise en question de l’être humain, plutôt que d’un combat.

Autour du livre

Pour aller plus loin

  • Matthieu Ricard, Plaidoyer pour les animaux: Son site
  • Article de Dauphin Libre sur les dauphins ambassadeur : Les dauphins ambassadeurs
  • Reportage de la RTBF, Yvan Beck et son reportage « LoveMeatender » : ici
  • Le site du CCU : CCU
  • Proposition de résolution du 10 juin 2005 : relative à l’interdiction de toute nouvelle implantation de delphinariums sur le territoire belge et au suivi médical et scientifique du delphinarium de Bruges à lire ici
  • Le Traité de Lisbonne : à lire ici

Je vous invite également à lire la F.A.Q. du Baudewijn Sea Park concernant ce qu’ils ont à dire sur le bien-être des animaux tant c’est choquant… A lire ici.

 

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