[Conférence] Peter Singer: Giving animal a voice

La conférence a été organisée par DierAnimal

Ce samedi, je me suis rendue à la conférence de Peter Singer, éminent philosophe de la cause animale et professeur de bioéthique. Cela m’a permis de réaliser certaines choses et d’être mise en face de la réalité. Un rappel est toujours le bienvenu en ce qui concerne le rapport entre les humains et les animaux.  Ci-dessous, vous trouverez un résumé de ce qui a été dit lors de cette conférence.

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La première référence importante au droit des animaux aurait été faite en 1789, année de la révolution française et de la Déclaration des droits de l’homme, avec cette réflexion :

The question is not, Can they reason?, nor Can they talk? but, Can they suffer? » – Bentham

PeterSinger1

Sachant cela, ne devrions-nous pas étendre le droit à tous les êtres sensibles, en accordant le même poids à leurs intérêts lorsqu’ils sont similaires aux nôtres.

Pourquoi en effet se limiter à notre espèce alors que tous les êtres sensibles sont capables de souffrir ? C’est là qu’intervient le concept de spécisme.PeterSinger2

Avec le spécisme, on peut se poser la question « A quel moment tuer un animal est mal ? »PEterSinger3

Par exemple, si un animal a été élevé et traité avec respect tout au long de sa vie, peut-on le manger ? P. Singer répond que les points de vue sont différents parmi les philosophes qui réfléchissent à cette question et que dans le cadre du programme d’un parti (n.b. la conférence était organisée par le parti politique DierAnimal), c’est une réflexion qui devrait rester ouverte.

Il rebondi en exposant que des avancées pour la cause animale sont possibles même sans parti. En une vingtaine d’années, des progrès ont été fait, bien que nous ne soyons pas à la moitié du chemin. Mais l’entrée en politique de partis qui vont représenter les animaux est un grand pas en avant.

P. Singer illustre ses propos avec le cas des veaux. Ils sont séparés de leur mère et immobilisés dans des boxes afin qu’ils ne développent pas de masse musculaire et qu’ils évitent de brouter pour ne pas avoir d’apport en fer, ce qui permet à leur chair de rester claire. Ils sont donc gravement carencés et privés d’amour maternel. En 1990, les boxes trop étroits ont été banni au Royaume-Uni, en 2007, cela s’est étendu à l’Union Européenne et en 2015, la Californie a déclaré qu’ils devraient au moins pouvoir se retourner.PEterSinger5

Il a également pris l’exemple des truies, qui sont utilisées comme des machines de reproduction. Les stalles ont été interdites en 1999 au Royaume-Uni, en 2013 dans l’Union Européenne et en 2015 en Californie.PeterSinger6

Pour les poules élevées en batterie, cette méthode a été interdite en 1992 en Suisse et en 1999 en Suède. L’Union Européenne a augmenté la taille minimale des cages et la Californie a déclaré que les poules devaient au moins pouvoir étendre leurs ailes.PeterSinger8

P. Singer arrive alors à la politique en posant le dilemme d’une idéologie pure ou de gagner le pouvoir pour faire le bien.

Il explique son point de vue à propos des animaux sur lesquelles les partis politiques devraient se concentrer en prenant l’exemple de l’affiche du Parti Animaliste français, qui a utilisé la photo d’un chaton pour ses affiches électorales. Or, le total des chats au monde, qu’ils aient un foyer ou non, est de 600 millions, selon Ecology Global network, alors que le nombre de vertébrés terrestres tués chaque année pour l’alimentation est de 65 milliards, selon la FAO. En d’autres termes, la production de nourriture d’origine animale utilise chaque année 100 fois plus d’animaux que le nombre total de chats sur Terre.  Pourtant, le chat rassemblera davantage de personnes et c’est donc une bonne stratégie. Il sera nécessaire d’éduquer ces personnes à propos de quels animaux souffrent le plus, et qui sont sans doute les poulets, selon le professeur.

 

Ils sont en effet l’objet d’un élevage sélectif. Aujourd’hui, ils grossissent tellement vite que leurs pattes cèdent sous leur poids. Il est important de sensibiliser le monde à la souffrance que génère la « viande blanche ». 139 017 000 poulets meurent chaque année avant d’être tués par l’homme. A titre de comparaison, 25 902 000 animaux sont tués chaque année dans les laboratoires, les refuges et pour leur fourrure (combinés). Il estime qu’une des solutions seraient de ralentir la croissance des poulets pour qu’au moins leur développement musculaire suivent leur prise de poids.

Ce qui l’amène à la destination des dons, avec une diapositive qui parle d’elle-même :PeterSinger11

Enfin, l’auteur de Libération animale aborde le thème des poissons, dont plus d’un billion sont tués par an. Le monde est à présent ouvert à leur souffrance, Il parle également des fermes de poissons qui ne sont pas une solution pour les océans, puisque pour produire 1kg de saumon, 2kg de poissons sont nécessaires

Afin de diminuer la consommation de chair animale, les similis sont une bonne alternative. Des alternatives dans lesquelles ont retrouveraient le même goût sont idéales, car c’est un des arguments utilisés par ceux qui ne souhaitent pas arrêter leur consommation. Il estime que ce sont des produits qu’un parti politique devrait promouvoir afin d’améliorer la condition animale.

La conférence a été suivie par une session de questions-réponses :

Peut-on manger des animaux morts de cause naturelle ?

La seule objection de P. Singer est qu’il pourrait s’agir d’un manque de respect. On ne mangerait pas un autre humain par exemple. D’un point de vue environnemental, c’est plutôt positif.

Où en sommes-nous avec la viande in-vitro ?

On serait proche de cette solution, il est déjà possible d’en créer mais cela coûte environ 30 dollars, il faut réduire le coût pour que cela puisse se généraliser (cela coûtait 300 000 dollars il y a peu), ce qui serait possible d’ici 20 à 30 ans.

Pourquoi M. Singer se bat il pour cette cause ?

Il souhaite que le monde soit un meilleur endroit. Ce n’est pas un sacrifice pour lui, il estime que l’on a tous un but dans la vie et que nous ne sommes pas fait pour travailler plus que pour subvenir à nos besoins primaires. Il est donc utile de se demander ce que l’on peut faire d’autre et, au lieu d’être attiré par la société de consommation, qui est sans but et ne nous rend pas heureux, participer à la réduction de la souffrance animale est enrichissant, gratifiant.

Y a-t-il réellement des organismes qui devraient être prioritaires pour les donations ?

Certaines personnes pensent qu’il faudrait d’abord aider les humains avant de se préoccuper du sort des animaux. P. Singer qualifie cette attitude de spéciste. Au vu de l’immense souffrance des animaux, il est raisonnable que les aider soit une des priorités. Il est difficile de décider et de comparer la souffrance et de décider de qui souffre le plus.

Qu’en est-il des petites avancées, ne faudrait-il pas viser l’abolitionnisme directement ?

Il répond que ce serait idéal, mais que cela n’arrivera pas. Cela fait plus de 20 ans que des personnes se battent pour la fermeture des abattoirs, il n’y a pourtant pas eu d’avancée à ce niveau. En revanche, les animaux souffrent moins aujourd’hui qu’il y a 20 ans, grâce à de plus petites avancées. Le fait qu’un animal puisse à présent se tourner dans sa cage peut mener à la fin des cages.

Qu’est-ce que l’« effective altruisme » (altruisme efficace)  ?

Voici une vidéo pour expliquer  ce concept: https://www.youtube.com/watch?v=Diuv3XZQXyc

Selon ma compréhension, il s’agit de placer les dons dans ce qui sera le plus utile. Par exemple, est-il plus judicieux d’investir dans l’éducation d’un chien guide qui aidera une seule personne ou d’investir dans la chirurgie qui, pour le même montant, permettrait d’aider 400 personnes (je ne suis plus certaines des chiffres mais l’idée est là).

Qu’en est-il du capitalisme ?

Le capitalisme n’est pas prêt d’être aboli. Cela a survécu de nombreuses crises, dont celle de 2008, c’est un système résilient. Les animaux ne peuvent pas attendre que le capitalisme soit aboli et il faut donc faire avec. Pour tirer profit du capitalisme, il est important de sensibiliser les consommateurs. En effet, le système ne produira pas ce qui ne se vend pas !

Par ailleurs, il semble que les humains ne tendent pas à s’unifier dans la société actuelle, comme le démontre les gouvernements aux Etats-Unis, en Hongrie, en Italie, … Nous sommes moins unis qu’avant. Le slogan de Trump était bien « Make America great again » et non pas « Make the world great again ».

Quelles sont les différences d’idées entre Tom Regan et Peter Singer ?

Tom Regan est plus radical sur certains aspects mais ils souhaitent tous deux la même considération pour les droits des animaux.

Au niveau scientifique par exemple, Tom Regan était contre toute expérimentation sur les animaux, même si cela permettait de trouver une cure pour le cancer. Peter Singer, lui, souhaite connaître les conditions de vie des animaux qui seraient utilisés pour se prononcer : y aurait-il d’autres solutions ? Seraient-ils bien traités ? Utiliserait-on des humains ? Il pense qu’il serait possible de faire certaines expériences sur des humains en situation de mort cérébrale, mais la société n’est pas prête à considérer cela, tout comme elle ne voterait sans doute pas pour la position de T. Regan.

Pour découvrir Peter Singer :

Son livre le plus récent est sorti le 24 mai 2018 aux éditions Goutte d’Or : « La théorie du tube de dentifrice »

Son site : http://www.petersinger.info/

Son twitter : https://twitter.com/PeterSinger

Le parti DierAnimal : https://dieranimal.be/fr/

 

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